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«One Planet summit» : Vite, de l’argent frais contre…le réchauffement climatique

On se rappelle comment, il y a deux ans, Laurent Fabius, alors ministre des Affaires étrangères et du Développement international et président de la COP 21, s’était empressé de proclamer la réussite de la conférence des parties qui avait accouché de l’accord de Paris signé par 195 Etats qui s’étaient engagés à « contenir le réchauffement climatique nettement en dessous de 2 degrés Celsius par rapport au niveau préindustriel ». Deux ans après, nous sommes toujours à la case départ, au point que ces fameux 2 degrés semblent être cause de surchauffe dans la planète financière.

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Force commune G5 Sahel : Corvée ravitaillement pour la MINUSMA ?

Retour à New York pour le G5 Sahel. Sur proposition de la France, le Conseil de sécurité des Nations unies doit en effet se prononcer aujourd’hui sur une résolution qui autorisera les Casques bleus de la MINUSMA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali) à apporter un soutien logistique à la force commune du G5 Sahel. Certes, l’idée de cette armée transnationale de 5 000 à 10 000 hommes née il y a un peu plus d’une année pour combattre la nébuleuse terroriste et qui sera opérationnelle sur trois fronts que sont le Mali, le Niger et le Burkina Faso est lumineuse, mais force est de reconnaître que son opérationnalisation, engagée depuis par les cinq pays concernés que sont le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Tchad et la Mauritanie, sans oublier le grand parrain qu’est la France, demeure un véritable parcours du combattant.

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Lutte contre le Sida : Si seulement le financement pouvait être… viral

« L’Afrique : une approche différente vers la fin du Sida. »

Tel est le thème de la 19e Conférence internationale sur le Sida et les infections sexuellement transmissibles en Afrique (ICASA) ouverte hier à Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire, pays le plus touché d’Afrique occidentale avec un taux de prévalence de près de 4%.

Dix-huit rencontres de ce genre ont donc déjà eu lieu depuis la découverte du virus du Sida au début des années 80. Sans qu’on soit encore parvenu à trouver un traitement préventif ou curatif contre cette pandémie qui aura causé 39 millions de décès entre 1981 et 2013.

Il s’agira pour les 10 000 délégués venus de 150 Etats de se pencher, d’une part, sur des stratégies africaines en matière de riposte et, d’autre part, sur les objectifs de l’ONUSIDA, organisme créé spécialement pour faire face au coriace virus.

Au terme de ces sept jours de rencontre, cette 19e ICASA devra définir la feuille de route vers l’objectif « zéro nouvelle infection, zéro cas de Sida et zéro décès à l’horizon 2030 ».   En un mot comme en mille, célébrer dans une dizaine d’années la fin de la pandémie.

Un but noble mais surtout ambitieux, car  il ne faudrait pas perdre de vue que 2030, c’est déjà demain.  Et quand bien même la lutte contre le VIH aurait enregistré des victoires successives durant ces trois décennies, la guerre est loin d’être gagnée. 

En Afrique occidentale, par exemple, les statistiques poussent à l’optimisme quand on sait que les nouvelles infections ont diminué de 9% et les décès de 21%. 

Mais ces chiffres encourageants cachent des disparités plus ou moins prononcées.

Certes la recherche a permis depuis de longues années de mettre au point des antirétroviraux qui ont favorisé le ralentissement de la progression du virus dans l’organisme à défaut de l’éradiquer totalement et permettant aux personnes vivant avec le VIH  de vivre normalement et d’avoir une espérance de vie quasi égale aux moyennes nationales.

Mais le revers de la médaille du progrès de la médecine est la baisse du niveau de vigilance, d’où la hausse, ces dernières années, du nombre de nouvelles infections dans bien des pays.

Or, « ce n’est pas le moment de baisser la garde », pour reprendre le titre de notre édito du 24 juillet 2017 en rapport avec le congrès international sur le Sida tenu à Paris. Surtout pas en Afrique, continent sur lequel on compte 26 des 36 millions de personnes vivant avec le VIH, selon le rapport 2017 de l’ONUSIDA.

Et que dire de la baisse continue des financements, à l’image des coupes claires envisagées par Donald Trump alors que les USA demeurent le plus gros contributeur à la lutte contre le mal avec 2/3 des efforts gouvernementaux ?   

En 2016, Washington y avait ainsi injecté quelque 5 milliards de dollars contre 600 millions pour la Grande-Bretagne et « seulement » 242 millions pour la France.

Si donc le nerf de la guerre contre le virus devait faire défaut, ce serait, à n’en pas douter, peine perdue pour tous ces efforts colossaux déjà  consentis et le début de jours sombres pour tous ces malades et porteurs sains, à l’image de cette jeune burkinabè de 20 ans dont les propos ont ému l’assistance à la cérémonie d’ouverture de la conférence.

Espérons donc qu’à l’issue de cette 19e ICASA, le financement sera viral, pour faire dans le jargon des habitués des réseaux sociaux.

Alain Saint Robespierre       

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Sommet Union européenne/Union africaine: Dans la continuité de Ouaga

Pour lui, l’étape de Ouaga aura été une répétition générale avant celle d’Abidjan. Après 48 heures de séjour dans notre pays, le président français, Emmanuel Macron, s’est envolé hier pour la lagune Ebrié où s’est ouvert le 5e Sommet Union européenne/Union africaine. Le thème principal de cette rencontre tournera autour des questions d’immigration et de sécurité, avec l’ambition de donner un meilleur avenir à la jeunesse africaine. Autant dire que c’est une continuité de l’adresse faite par le locataire de l’Elysée à la jeunesse burkinabè et africaine en général. Un sujet effleuré qu’il faudra revisiter en profondeur, notamment la question lancinante de l’immigration clandestine ; une problématique devenue encore plus douloureuse depuis la découverte, grâce à une vidéo de CNN, de ce marché aux esclaves en Libye où des Africains sont pris et vendus à l’encan, à des prix oscillant entre 200 et 300 dollars, soit à peine le prix d’un bon mouton de Tabaski.

« Un crime contre l’humanité, stade ultime d’une tragédie que nous avons laissé prospérer sur les routes… », a dit, emporté, Macron mardi à Ouaga. C’est lui d’ailleurs qui devrait être à Abidjan le porteur de l’initiative euro-africaine censée trouver la solution idoine à ce qui est devenu un véritable fléau : d’abord en frappant les criminels de tout poil, à l’image de ces passeurs qui s’enrichissent sur le dos de ces pauvres hères, et ensuite en venant en aide à ces migrants pour leur retour dans leurs pays respectifs. Décliné comme ça, ça paraît simple, mais se pose la question de savoir comment cette initiative pourrait être concrètement mise en application quand on connaît la complexité du problème. Les chiffres de l’Organisation internationale des migrations (OIM) font froid dans le dos : en effet, environ 3 000 migrants ont disparu en Méditerranée depuis le début de l’année. 164 000 autres sont arrivés, si on ose dire, à bon port en Europe dans la même période, dont les ¾ rien qu’en Italie, premier pays de contact. On se rappelle cette horde d’émigrés, tels des monstres marins sortis des abysses, surgie des eaux devant des vacanciers totalement stupéfaits.

En fait, ces chiffres sont même en baisse, puisqu’en 2016 de la même période, ils étaient quelque 350 000 à atterrir sur le vieux continent. On devrait se réjouir de cette baisse de moitié, sauf que le problème a été juste déplacé, car ce flux a été contenu en Libye où ces damnés de la terre se retrouvent comme dans une souricière, pris au piège dans un Etat qui n’existe plus que de nom depuis la chute de Kadhafi. Et c’est là qu’intervient la maltraitance de tous ordres, comme ce marché aux esclaves qui constitue un outrage à la conscience de l’humanité. Comment trouver une solution à cette quadrature du cercle, sachant que l’Union européenne finance les gardes-côtes libyens pour empêcher ces aventuriers d’arriver sur son sol alors que ces mêmes gardes-côtes participent au trafic ?

Dans cette tragédie, il faut donc reconnaître que les responsabilités sont partagées. Car, si les Européens sont incontestablement responsables en partie de ce drame, que dire de ces dirigeants africains dont le flux migratoire est proportionnel aux échecs politiques à donner à la jeunesse un avenir ou à tout le moins des raisons d’espérer ? Si ce n’est pas des discours, comme celui de Macron, dans la plupart du temps, ce sont des mesurettes pour saupoudrer les mille et une difficultés dans lesquelles baignent les jeunes totalement déboussolés et désorientés qu’ils proposent. Et que dire des intéressés eux-mêmes qui savent qu’ils ont peu de chances d’arriver à destination mais se lancent dans une aventure suicidaire, ou de ces parents qui vident leurs bas-de-laine pour financer d’improbables odyssées qui se terminent la plupart du temps dans la gueule de requins ou dans un marché aux esclaves ? Avec un, deux ou trois millions de francs CFA, ne peut-on pas entreprendre quelque chose chez soi ? Certes, le goût de l’aventure et la quête du mieux-être sont consubstantiels à l’être humain, mais au point de tomber dans les mailles d’une pratique avilissante abolie depuis le 19e siècle ?

 

Issa K. Barry

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Mugabe : La chute

Les députés zimbabwéens n’auront donc pas eu besoin d’enclencher la procédure d’impeachement  contre Robert Mugabe : au lendemain de l’expiration de l’ultimatum qui enjoignait au plus vieux chef d’Etat au monde de jeter l’éponge, tous les députés et sénateurs étaient en effet réunis hier, comme prévu, pour  connaître de la motion de défiance contre lui  quand le président de l’Assemblée nationale, Jacob Mudenda, a reçu un pli qu’il lut avec empressement  à  ses collègues ; celui qui dirigeait l’ex-Rhodésie du Sud depuis 37 ans venait de démissionner « avec effet immédiat ».

Rideaux. C’est l’épilogue d’une crise qui s’était nouée le lundi 13 novembre 2017 quand, au cours d’une conférence de presse, la haute hiérarchie militaire, cornaquée par le chef d’état-major en personne, le général Constantino Chiwenga, a mis en garde le régime vermoulu contre les purges opérées au sein de la ZANU-PF et prévenu que les soldats n’hésiteraient pas à intervenir pour s’y opposer. Les raisons de cette colère kaki, le limogeage du vice-président, Emmerson  Mnagagwa,  soufflé sans doute par  la première dame, Grace Mugabe, qui rêvait désormais à haute et intelligible voix de devenir « califesse » à la place de son calife de mari. Elle aura finalement donné le coup de… Grace à son époux, de 41 ans son aîné et dont elle fut, dans une autre vie, la secrétaire particulière.

Le mardi 14, l’armée tenait effectivement sa promesse en prenant position devant certains bâtiments stratégiques de Harare et en mettant Papy Bob en résidence surveillée. Sans pour autant parler de coup d’Etat, la soldatesque ayant à cœur de ménager le vieux combattant, qui restait une icône malgré ses nombreux errements de ces dernières années, tout en redoutant aussi, qui sait, les conséquences fâcheuses qu’aurait eues un putsch classique : mise au ban de l’Union africaine, gel d’avoirs, interdiction de voyager, etc.

Après un discours lénifiant dimanche soir où, dans un incroyable déni de réalité, il disait encore qu’il présiderait en décembre le prochain congrès du parti présidentiel qui venait de l’exclure,  l’inoxydable Bob aura donc enfin pris toute la mesure de la situation en rendant le tablier. Les apparences sont donc sauves, et sauf est aussi l’honneur du vieux chef, qui s’accrochait, contre tout bon sens, ces derniers jours alors que, les uns après les autres, les bras séculiers de son pouvoir sur lesquels il pouvait compter jadis le lâchaient : l’armée d’abord, le parti ensuite, et ce bon peuple zimbabwéen qu’il a dirigé d’une main de fer quatre décennies  durant.

Les récentes gesticulations de celui qui voulait visiblement jouer la montre n’étaient donc que les dernières convulsions d’un corps moribond. En contraignant à la démission le leader historique du Zimbabwe, l’armée gagne son bras de fer et réussit ce qu’elle a toujours voulu dès le départ : faire partir le camarade Bob dans la dignité sans avoir à tirer un seul coup de feu.

C’est la fin d’un monde pour qui connaît ce pays dont l’histoire récente est intimement liée au parcours  du néo-démissionnaire, tour à tour héros de la lutte pour l’indépendance contre le régime raciste de Ian Smith et autocrate obtus pour qui ses états de services ajoutés au fait que les Britanniques et les Américains n’avaient pas tenu les promesses (notamment sur la réforme agraire) faites à Lancaster House au moment de l’accession à la souveraineté internationale étaient autant d’excuses absolutoires pour se permettre tout et n’importe quoi.  

Le dinosaure de 93 ans enfin jeté dans les ruisseaux de l’histoire pour n’avoir pas su, comme tant d’autres, partir à temps, reste à savoir ce que ses compatriotes feront de cette nouvelle donne. Telles que les choses se dessinent, c’est manifestement la « solution de la légalité » qui devrait prévaloir, avec en selle un Emmerson Mnagagwa qui doit boire du petit  lait pour avoir eu raison du couple Mugabe.

Mais à dire vrai, cette révolution ne serait vraiment copernicienne que si elle donnait lieu à une transition inclusive qui déboucherait sur une remise à plat de la pseudo-démocratie zimbabwéenne par des réformes politiques et institutionnelles hardies et des élections générales libres et transparentes.  De ce point de vue,  il y a sans doute mieux qu’un « crocodile »(c’est son surnom)  de 75 ans pour mener ce vaste chantier de refondation non seulement politique mais aussi économique, surtout quand on est soi-même comptable du sinistre bilan du nonagénaire pour avoir été successivement son ministre de la Sécurité, de l’Intérieur, de la Justice et son vice-président jusqu’à il y a encore deux semaines.

 

Ousseni Ilboudo

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Zimbabwe : Le vieux Bob dans le couloir de… l’impeachment

Ceux qui avaient parlé de déni de réalité n’ont peut-être pas eu tort. En psychanalyse, cette expression désigne un mode de défense qui consiste à nier l’évidence d’une action perçue comme dangereuse ou douloureuse pour le Moi, qui se trouve ainsi protégé. Ce doit être l’option prise par le Robert Mugabe.

Pour avoir été mis théoriquement en joue par l’armée de son pays, qui refuse toujours de parler de coup d’Etat, désavoué par son parti, la ZANU-PF, qui l’a relevé de sa fonction de président, conspué par la population, notamment les étudiants qui ont marché hier à Harare, l’on pensait que le président nonagénaire tirerait toutes les conséquences de cette folle semaine zimbabwéenne. Mais non. Alors que tout le monde s’attendait à ce qu’il rende dignement le tablier dans son allocution tant attendue de dimanche soir, il est apparu sur le petit écran, entouré de la crème de l’armée, pour dire qu’il a compris les raisons de la colère de son peuple mais qu’il restait malgré tout à son poste. Le « camarade Bob » a aussi annoncé qu’il présiderait en décembre prochain le congrès de son parti dont il n’est pourtant plus le premier responsable. Allez y comprendre quelque chose.

A l’évidence donc papy Bob ne veut pas partir de lui-même comme le lui suggèrent avec insistance les différentes couches socioprofessionnelles de son pays. Et puisqu’il feint de ne pas voir le doigt qui lui indique la porte, ceux qui le ménagent depuis une semaine une sortie, malgré tout digne en raison de son passé glorieux, auront-ils d’autre choix que de le défenestrer ?

On s’achemine en tout cas vers cette solution. Et comme on aurait dit en Côte d’Ivoire, « aujourd’hui, c’est aujourd’hui » ou, en pidgin nigérian, « today na today ». Le vieil homme avait en effet jusqu’à hier midi pour quitter le pouvoir. Le deadline ayant expiré, c’est maintenant une procédure de destitution qui doit être enclenchée aujourd’hui même au Parlement. Voilà donc Bob qui, à 93 ans, se trouve, au soir de sa vie et de sa carrière politique, dans le couloir de l’impeachment dont on ne sait pas s’il en sortira indemne.

Déjà un projet de motion qui circule dresse un sévère réquisitoire contre le héros de la lutte pour l’indépendance, taxé désormais de « source d’instabilité du pays » et présenté comme responsable « de la chute sans précédent de l’économie ces 15 dernières années ». Et péché inexpiable s’il en est, il aurait « renoncé à son mandat constitutionnel » au profit de son épouse, Grace. Avec de telles charges qui pèsent contre l’accusé Robert, il lui sera difficile de se tirer d’affaire.

Mais quand bien même la procédure d’éviction serait engagée aujourd’hui et que la majorité l’emporterait à l’Assemblée et au Sénat, il faudra ensuite attendre la mise en place d’une commission mixte formée par les deux chambres du Parlement qui devra dire si le chef de l’Etat doit être destitué ou pas de ses fonctions pour incapacité ou violation de la constitution et pourquoi. Après quoi, sa décision sera soumise aux deux chambres et l’exécution politique du « dinosaure » ne sera prononcée que si les 2/3 des parlementaires votent oui.

On le voit, il faudra encore un peu de temps pour que cet impeachment à la zimbabwéenne aboutisse. Ce n’est donc pas demain que le vieux combattant poussé dans ses derniers retranchements quittera le palais présidentiel qu’il a occupé pendant 37 ans. Sauf si les militaires décident finalement de l’en déloger de force.

Mais une telle éventualité est-elle seulement envisageable après la déclaration faite par la Grande Muette  hier en fin de journée ? Alors qu’on s’attendait plutôt à un discours musclé de la soldatesque après cette duperie du camarade Bob, les nouveaux maîtres du Zimbabwe se sont contentés de remercier le peuple pour son sens de la discipline et ont appelé la population au « calme » et à la « patience ». Avant d’indiquer qu’un contact avait été établi entre Mugabe et son vice-président déchu, Emmerson Mnangagwa, le « crocodile », qui est déjà à l’affût pour prendre la place du « dinosaure ».

Tout se passe comme si la soldatesque redoutait les conséquences qui pourraient découler d’un putsch dans les règles de l’art et c’est peut-être pour cette raison que Papy fait de la résistance pour les pousser à la faute. Il faut pourtant sortir de ce drôle de pronunciamiento qui n’arrange pas le pays dont l’économie est déjà suffisamment exangue.

 

Hugues Richard Sama

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