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Affaire putsch manqué de septembre 2015: Bassolé est-il condamné d’avance ?

Incarcéré à la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA) pour son implication présumée dans le putsch manqué du 16 septembre 2015, le général Djibrill Bassolé a bénéficié d’une liberté provisoire dans la soirée du mardi 10 octobre 2017.

  • « Attentat contre la sûreté de l’Etat » ;
  • « association de malfaiteurs » ;
  • « fourniture de moyens financiers » ;
  • « meurtre », « dégradation volontaire de biens » ;
  • « coups et blessures volontaires » ;
  • « trahison » ;

ce sont les chefs d’inculpation qui ont été retenus contre  le prévenu, avant que la justice militaire ne les abandonne pour ne retenir que le crime de « trahison ».

Après plusieurs tentatives infructueuses de jouir de la liberté provisoire à l’instar de 63 parmi les  107 mis en cause dans l’affaire du coup d’Etat manqué, l’ancien chef de la diplomatie burkinabè a enfin obtenu le précieux sésame pour, dit-on, des raisons de santé.

Une décision, il faut le rappeler, qui est conforme au droit burkinabè, spécifiquement au principe sacro-saint qui dit que « la liberté est la règle, la détention l’exception ».

Le président de la Chambre de contrôle vient ainsi mettre fin à une exception qui a duré près de deux ans. Sans que, pour autant, cela entrave de quelque façon que ce soit la procédure judiciaire puisque la liberté provisoire a des règles et reste très encadrée. Par exemple, son bénéficiaire est tenu de répondre aux convocations de l’autorité judiciaire et d’avertir le juge de tous ses déplacements.    

Sitôt la nouvelle connue, des organisations de la société civile ont appelé leurs militants à descendre dans la rue pour protester contre une ordonnance qui « vise à soustraire le général Djibrill Bassolé à la justice ».

Appel peu entendu, ce qui a obligé la petite centaine d’insurgés, qui flottaient littéralement dans la place de la Nation, à mettre prématurément  fin à leur show.  (Lire aussi page 2).

Alors, osons la question qui fâche : de quel droit peut-on user de la menace pour remettre en cause une décision de justice ?

Sur quoi peut-on se baser pour renier à un prévenu ce que le droit lui reconnaît ?

Est-ce à dire que Djibrill Bassolé est condamné d’avance  et sans appel ?

Si déjà, pour une mise en liberté provisoire, on menace de marcher sur la justice, qu’en sera-t-il si  lors du procès proprement dit le général Bassolé  est relaxé ou écope d’une peine jugée insuffisante par  « le peuple insurgé »? 

Tous ces agissements ne risquent-ils pas d’influencer le juge,  de conspirer  contre le droit et, in fine, de compromettre l’indépendance de la   justice ?  

La question mérite d’être posée quand on sait qu’au lendemain de cette décision de mise en liberté provisoire, le commissaire du gouvernement a fait appel de l’ordonnance de la Chambre de contrôle. 

Avait-il prévu de le faire ou a-t-il agi a posteriori,  sous l’influence des frondeurs du jour ?

Comme on peut le constater, les fossoyeurs de l’indépendance de la justice ne sont pas toujours ceux que l’on croit.

Alain Saint Robespierre       

Commentaires   

0 #2 Jourdain 12-10-2017 12:48
Le constat général qui se dégage est que les citoyens burkinabè veulent que les dossiers pendants en justice puissent être jugés dans les règles de l’art. Le peuple souhaite que les dossiers de l’insurrection 2014 et du putsch 2015 soient bien jugés, afin que des coupables soient condamnés et ceux contre qui, il n’existe pas de pas de preuves avérées de culpabilité, soient blanchis voire dédommagés. Cependant, les règles de droit obéissent à des principes qu’il faut scrupuleusement respecter pour éviter toute partialité et des procédures bâclées. L’idéal était que les présumés coupables en détention, puissent y rester jusqu’au procès. Mais, il existe des cas de forces majeures qui autorisent des libertés provisoires pour raison de santé. C’est un droit à respecter. En effet, lors des procès, des avocats ont la possibilité d’arguer des problèmes graves de santé de leurs clients pour reporter leurs jugements. Par conséquent, un prévenu libéré qui bénéficie de soins appropriés, ne pourra plus se réfugier derrière l’argument de santé pour ne pas répondre à la barre. Les Burkinabè parlent le même langage sur lesdits dossiers judiciaires sans le savoir, car, la préoccupation commune porte sur le triptyque vérité-justice- réconciliation. C’est une situation qui frise un peu l’histoire de monsieur Jourdain qui faisait la prose sans s’en rendre compte.
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0 #1 Neilson 12-10-2017 05:04
Alain Saint Robespierre, Bassolé n'est pas n'importe quel détenu; Général de (gendarmerie) son état et subsidiairement ancien ministre des affaires étrangères! Aussi, quel moyen ce monsieur n'a pas pour se soustraire à la justice burkinabè? Bassolé n'est pas Caroline Yoda! Et puis, que fais tu des écoutes téléphoniques avec Sorro? Ne plaisantez pas avec ça; il ne manque plus que les gens de Yako et alliés manifestent pour réclamer la libération de Gilbert Diendéré, et je ne sais pas ce qu'ils attendent d'ailleurs!
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